L’authenticité et le leadership, est-ce compatible?
30/11/2009Qu’en est-il de l’authenticité lorsque l’on aspire à devenir leader? Est-ce une bonne chose? La question est pertinente en cette période où plusieurs politiciens et gestionnaires se cachent derrière des stratagèmes pour atteindre leurs objectifs et du même coup tenter de contrôler leur image de leader.
Malheureusement, les stratégies préconisées suscitent plus souvent qu’autrement des réticences et de l’ironie chez les personnes à influencer. Pensons à l’image que nous avons de nos politiciens. Combien de fois attendons-nous la phrase « j’ai voté pour le moins pire »? Pas très inspirant comme leader… Selon moi, nous oublions que le sens du vrai et de l’authenticité génère habituellement des sentiments favorables envers un individu. Qu’il soit gentil ou direct, percevoir que quelqu’un est authentique entraîne une forme de sympathie. Même une personne « bougonneuse » peut attirer ce capital de sympathie, du moment où nous sentons qu’elle est de bonne foi et sans mesquinerie envers les autres.
C’est exactement ce qui sert actuellement le maire de Québec, M. Régis Labaume, et qui a si bien servi le président américain, M. Barack Obama : pas de fla fla, parfois à l’encontre du protocole, mais une forte image d’authenticité qui stimule un mouvement de sympathie. Il faut quand même de l’audace pour lancer, comme le président Obama l’a fait, en plein talk show américain : «I screw up! (je me suis planté) » après seulement quelques semaines à titre de Président américain. Le résultat de cette affirmation : un vent de fraîcheur… Même chose du côté de M. Labaume qui ne « s’enfarge » pas dans le protocole, entraînant ainsi une forme de « Labaumanie » enviée par plusieurs montréalais. Bien entendu, ce sentiment de sympathie ne signifie pas que nous sommes automatiquement en accord avec ledit individu. Par contre, nous ne pouvons négliger le fait que cette authenticité ne laisse personne indifférent. Personnellement, je crois que Stéphane Dion aurait eu une meilleure image, au-delà des idéologies respectives, s’il avait dit : « C’est vrai que je suis plate, que je suis « strait » et pas toujours souriant. Par contre, je suis structuré et réfléchi, donc on peut compter sur mon jugement ». Mais non, les faiseurs d’image ont tenté de le rendre sympathique, chaleureux… et même drôle (visionnez l’entrevue de M. Dion où il raconte la blague du « chien Paf » aux Francs Tireurs… tellement pathétique que c’est drôle) avec les résultats que l’on connaît.
Le leadership est une question d’émotivité, et l’authenticité est le meilleur moyen de la susciter. Bien entendu, l’authenticité ne remplacera jamais la compétence qui sera toujours bonne première. Par contre, une personne compétente ne pourra jamais espérer à un leadership fort et rayonnant sans cette portion d’authenticité.

